L'Association du transport aérien international (IATA) a publié, à la fin du mois de juin dernier ses plus récentes statistiques. Comme toute première constatation nous pouvons remarquer une importante hausse de 11,7% du trafic aérien dans le monde en mai dernier, par rapport au même mois d’il y a une année. Quand aux statistiques concernant les demandes de fret, les chiffres sont encore plus éloquents, étant de 34,3% plus importants que par ceux de l’année dernière au même mois. La fréquentation aérienne retrouve ainsi ses niveaux d'avant-crise, se réjouit l'association internationale. « L’on observe surtout que la demande a fortement augmenté en mai dernier, après le désastreux épisode du nuage de cendres en Europe en avril de cette année. Le trafic des passagers a augmenté de 1% alors que le marché du fret a lui connu une hausse de plus de 6% », a réagi Giovianni Bisignani, Pdg de l'Iata. L’on se souvient du nuage de cendre dû à l’éruption d’un volcan islandais qui avait paralysé l’ensemble du trafic aérien de l’Europe et cela pendant plusieurs jours mettant ainsi de nombreuses compagnies aériennes en difficulté. La demande des transporteurs de l'Amérique latine, du Moyen-Orient et de l'Afrique ont enregistré quant à elles les hausses de trafic les plus impressionnantes, en augmentant respectivement de +23,6%, +17,5% et +16,9% en mai et tout au long de l’année. Le mois dernier, et contrairement aux mois précédents, toutes les régions du monde ont réalisé des hausses de trafic. C'est notamment le cas de l'Amérique du Nord (+10,9%), qui reste incontestablement la région au plus fort taux d’occupation dans les transports aériens. D’ailleurs cette région possède le taux le plus élevé de remplissage toutes régions confondues. Pour l'Europe, les chiffres sont légèrement moins bons (+8,3%) mais restent compréhensibles et logiques. L’Europe avait beaucoup de mal à se repositionner avantageusement après la crise financière qui a secoué le monde dans son ensemble. De plus la faillite de la Grèce et la difficulté croissante dans laquelle, se retrouve de nombreux pays européens, tels que l’Espagne, le Portugal ou encore l’Irlande ne sont pas fait pour aider à la stimulation du marché du transport aérien, qui a ainsi un peu plus de mal à redécoller par comparaison avec d’autres régions du monde. De son côté l'Asie-Pacifique s'en sort également très honorablement avec une hausse de la demande atteignant 13,2%. L’Asie, pouvant s’appuyer depuis quelques années sur l’incroyable croissance de la Chine, en tire un élan qui compense les faibles résultats d’autres pays asiatiques. Les transporteurs du Moyen-Orient pour leur part continuent d'afficher une forte croissance du trafic avec, bien que le rythme de croissance ait tout de même chuté par rapport aux augmentations de plus de 20% enregistrées plus tôt dans l'année. Pour le fret, les compagnies aériennes d'Asie-Pacifique, qui représentent la plus grande part de marché (45%), ont connu une augmentation de 38,7% par rapport au mois de mai précédent s’appuyant sur la vigueur de l'industrie manufacturière régionale qui connaît un puissant renouveau. Les compagnies aériennes d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient ont affiché pour leur part respectivement une croissance similaire de 35,3% et 38,6%. De leur côté les transporteurs européens ont dû affronter la plus faible croissance | | située à 21,9%. Dans le domaine du fret la baisse progressive de la valeur de l’euro est également attendue pour provoquer une stimulation du marché de l’exportation européenne. L'organisation basée à Genève prévoit pour 2010 des profits de 2,5 milliards de dollars pour l'industrie aérienne, comparés à des pertes de 9,9 milliards de dollars en 2009. La hausse des capacités de transport de l'ordre de 4,8% en mai est inférieure à la demande, note encore l'Iata. Le taux de remplissage des avions en mai a atteint 76%. «Ce sont de bonnes nouvelles, mais c'est seulement une marge de 0,5%. Nous sommes encore loin d’atteindre la rentabilité durable », a déclaré Giovanni Bisignani. «Sur le court terme, les compagnies aériennes doivent concentrer leurs efforts sur le rétablissement du marché tout en veillant à continuer à faire correspondre l’offre et la demande en vue d’une amélioration globale indispensable du secteur. Et surtout tout le monde doit contrôler les coûts. Cela incluant les aéroports, les fournisseurs de services de transports aériens ainsi que les systèmes mondiaux de distribution. Il n'y aura aucune exception de faite ", a ajouté Giovanni Bisignani. "Il y a deux mois, l’éruption inattendue du volcan islandais Eyjafjöll et l’interruption du transport aérien qu’elle a provoquée a clairement démontré à ceux qui en doutaient encore à quel point l'aviation est essentielle et indispensable pour l'économie mondiale. Quand le volcan s'est endormi, les politiciens ont préféré ignorer ce que cet épisode aurait dû leur apprendre. L'Allemagne par exemple a proposé une taxe minimum d’un milliard d'euros sur les transports aériens qui freinera considérablement la demande au lieu de stimuler la croissance. Le nouveau gouvernement britannique pour sa part va encore plus loin et envisage rien de moins qu’un avenir sans aviation nationale. Une décision qui me semble irréfléchie tant elle met en danger me semble-t-il l’économie du Royaume-Uni dans son ensemble. Par ailleurs, les rapides progression prévues des 5 milliards d'euros d'épargne commune de l’Union Européenne dans le domaine aérien ont été tronquées par un changement progressif et inattendu. Le transport aérien pour particulier est en grave difficulté en Europe et mériterait une bien meilleure gestion de la part des Etats européens qui ne semblent pas voir où se situe leurs intérêts ", a conclut le Pdg de l’Iata. Par ailleurs, à l’occasion de sa récente assemblée générale qui se tien annuellement, l'Iata a annoncé “Vision 2050”. Il s'agit d'une initiative visant à développer une vision commune entre les intervenants de l'industrie pour un avenir durable pour le transport aérien. Annonciateur de ce projet pour l’avenir, Giovanni Bisignani a souligné quatre pierres angulaires du changement planifié : la mise en place d’une nouvelle source d'énergie durable, l’instauration d’un régime de réglementation qui permet aux compagnies aériennes de fonctionner comme des entreprises normales, des coûts d'infrastructure efficaces qui répondent aux besoins des utilisateurs et des services qui satisfassent entièrement les attentes des clients ■ |